Kamouraska : l’urgence sous pression, le comité citoyen sonne l’alarme

Crédit photo: TVA - CIMT - CHAU

Le comité citoyen « Mes soins restent ICI » souhaite attirer l’attention de la population et des décideurs sur la fragilité du réseau de santé et des services sociaux au Kamouraska.

Les récents événements survenus à Trois-Pistoles et à Pohénégamook concernant les urgences ont suscité de vives inquiétudes au sein du comité citoyen « Mes soins restent ICI ».

Selon Dre Marie-Ève Fromentin, porte-parole des professionnels de la santé, « au Kamouraska, ce que nous observons, c’est plutôt un engorgement des capacités hospitalières. On assiste à une hausse de l’achalandage à l’urgence et à une augmentation du temps d’attente. »

Qu’est-ce qui explique cette situation et pourquoi l’urgence est-elle si occupée ?

Le manque de places

L’urgence est pleine et l’on remarque un nombre important de patients couchés sur civière. Plusieurs de ces personnes sont en attente d’un lit à l’hospitalisation au 3e étage, mais ne peuvent y accéder par manque de disponibilité. Les lits d’hospitalisation sont pleins.

Cette surcharge à l’urgence entraîne une baisse de l’efficacité des ressources en place qui doivent diviser leurs soins entre les patients urgents et les patients déjà stabilisés en attente d’une hospitalisation.

Quel est le lien entre l’urgence et le secteur de l’hospitalisation ?

Une partie non négligeable des lits d’hospitalisation est occupée par des patients placés en niveau de soins alternatifs (NSA). Cela signifie que la condition qui les a amenés à l’hôpital est stabilisée et ne nécessite plus une hospitalisation.

Toutefois, ces patients ne sont pas en mesure de retourner dans leur milieu parce que leur condition a changé, parce qu’ils se sont fragilisés à la suite de leur passage à l’hôpital ou tout simplement parce que leur milieu n’est plus adapté à leurs besoins.

Le manque de lits de convalescence

Un patient qui n’est pas en mesure de retourner immédiatement dans son milieu de vie a besoin d’un milieu de convalescence. Or, trop peu de places de convalescence sont actuellement disponibles au Kamouraska.

On disposait autrefois d’une Unité transitoire de réadaptation fonctionnelle (UTRF) à Saint-Pascal, où les patients pouvaient bénéficier de services de physiothérapie et d’ergothérapie sans avoir besoin de tous les soins offerts à l’hôpital. Ces lits ont été abolis en 2017.

Le nombre insuffisant de places en ressources intermédiaires et en CHSLD

Lorsqu’un patient ne peut plus retourner dans son milieu, il doit être relogé soit dans une résidence pour personnes âgées, soit être pris en charge par l’État dans une ressource intermédiaire (RI) ou un CHSLD.

Le Kamouraska dispose de deux CHSLD : le Centre d’Anjou à Saint-Pacôme et le Centre Villa Maria de Saint-Alexandre-de-Kamouraska. Jusqu’en 2013, une troisième installation, le Centre Thérèse-Martin, venait compléter l’offre. Or, cet établissement a été fermé. Peut-on parler aujourd’hui d’un manque de vision ?

De tristes événements ont mené à la fermeture de la ressource intermédiaire (RI) de Saint-Philippe-de-Néri en mars 2024. Ce sont neuf lits de ressource intermédiaire qui ont été fermés sans être remplacés, deux ans plus tard, et cela malgré des besoins criants.

Le comité souhaite rappeler que la situation actuelle à l’urgence n’est pas le fruit du hasard, mais bien le résultat de décisions antérieures prises au fil des années, qui ont réduit les ressources disponibles dans le réseau au Kamouraska.

Comme le résume Jean-Yves Rioux, nouveau porte-parole citoyen du comité « Mes soins restent ICI » : « L’urgence est malade, le remède est connu — et personne n’est là pour l’administrer. »

Dans un contexte de vieillissement de la population, où le CISSS du Bas-Saint-Laurent peine à offrir des ressources de soins adaptées et à recruter des professionnels de la santé en région pour combler les postes nécessaires afin de répondre aux besoins de la population du Kamouraska, le comité Mes soins restent ICI demeure actif et vigilant afin de poursuivre ses actions de mobilisation.

Le comité Mes soins restent ICI a été créé par une population préoccupée de conserver ses soins de proximité en mai 2017. Le comité multiplie, depuis ce temps, des représentations politiques et des interventions publiques afin de rétablir le niveau de soins et services de proximité requis pour la population de tout le Kamouraska.

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