Y a-t-il un fantôme dans la salle ?

Le plancher craque alors qu’on est seul à la maison. Des portes se ferment, des objets descendent les marches d’escalier une à une, des couvertures sont tirées par une force invisible… Nous avons tous entendu ou même vécu des histoires d’événements dits « surnaturels ». Nos parents en racontaient quand nous étions enfants. À l’adolescence, ce sont nos amis qui faisaient le récit de manifestations de l’au-delà, et nous étions fascinés.

Aujourd’hui, à l’approche de l’Halloween, alors que les films d’horreur occupent nos écrans et que les magasins regorgent de squelettes, de sorcières et d’autres créatures inquiétantes, je me demande pourquoi nous sommes à la fois effrayés et attirés par les histoires de peur.

N’y a-t-il pas, dans la vie réelle, assez de guerres, de maladies et de catastrophes en tout genre ? Faut-il en inventer d’autres ? L’humanité ne pourrait-elle pas se nourrir uniquement d’histoires de réussite, de beauté, de gentillesse et d’amour ?

Sans avoir fait d’études sur le sujet, j’ai l’impression que le fait de nous exposer à des choses horribles nous aide à surmonter les tragédies réelles.

Pourquoi aime-t-on se faire peur ? Ce qu’en dit la science.

Avoir peur déclenche dans notre corps la libération de différentes substances, dont l’adrénaline, la dopamine et des endorphines. Ces molécules nous permettent de gérer la peur, mais aussi de nous sentir bien. Nous sommes tous plus ou moins sensibles aux sensations que provoque cette modification chimique. Et certaines personnes en redemandent ! C’est une question de recherche de plaisir et parfois même de dépendance.

Mais encore faut-il que cette peur soit contrôlée. Par exemple, quand on regarde un film d’horreur, on peut décider à tout moment d’éteindre l’écran et d’aller faire autre chose. Le plaisir est lié au fait qu’on se sait en sécurité et qu’on peut échapper librement à la menace.

L’Halloween approche et certains enfants se réjouissent à l’idée de frissonner de peur devant un décor monstrueux ou une personne déguisée en sorcière. D’autres, en revanche, ressentent une peur intense, comme si ces images créées de toutes pièces avaient quelque chose de réel.

Comment agir avec un enfant qui a très peur à l’Halloween :

  • Ne jamais se moquer de ses peurs ni le gronder.
  • Ne pas le pousser à être brave. L’enfant devra confronter ses peurs graduellement, et ce processus demande du temps.
  • Lui dire que vous comprenez que certains décors ou costumes peuvent faire peur.
  • Lui dire que c’est un jeu et que les personnages, les araignées géantes et les monstres ne sont pas vrais.
  • Lui expliquer que le grand squelette qui bouge est une construction mécanique. Le fait de comprendre le fonctionnement d’un élément de décor diminue l’anxiété.
  • Avant le 31 octobre, sortir les décorations et lui faire toucher les fausses toiles d’araignées et d’autres objets amusants.
  • Lui faire voir des décors d’Halloween lors de promenades dans des rues décorées ou dans un centre commercial, par exemple.
  • Lui faire dessiner ou fabriquer des fantômes ou des citrouilles rigolotes.
  • Jouer à se déguiser.

L’idée est de comprendre l’enfant et de le laisser évoluer à son rythme. Et surtout, rappelons-nous que l’Halloween, comme les films d’horreur et les histoires de revenants, devrait être une source de plaisir et non d’angoisse.

Sur ce, lectrices et lecteurs du Trait d’union, je vous souhaite un automne coloré et porteur de frissons de toutes sortes.

Guylaine Saint-Pierre

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