Comprendre les troubles neurocognitifs pour mieux accompagner nos proches

J’ai pensé ce mois-ci vous informer d’un sujet qui nous inquiète tous : les troubles neurocognitifs qui affectent notamment certaines personnes âgées. Ce terme peut faire peur, car il est associé à des pertes de mémoire et d’autonomie. C’est un terme général qui regroupe différentes affections. Les connaître permet de mieux comprendre ce que vivent les personnes atteintes ainsi que leurs proches.

Celle dont on parle le plus : la maladie d’Alzheimer

La Maladie d’Alzheimer est le trouble neurocognitif le plus répandu. Elle se manifeste par des troubles de la mémoire récente : on oublie des rendez-vous, des conversations ou des événements récents, tout en se souvenant assez bien du passé lointain.

Progressivement, d’autres difficultés apparaissent, comme la perte des gestes quotidiens, des problèmes de langage, de jugement ou d’orientation dans l’espace et le temps.

L’évolution est lente, souvent sur plusieurs années. Les personnes atteintes peuvent conserver longtemps certaines capacités, surtout avec un accompagnement adapté et un environnement rassurant.

Les troubles neurocognitifs d’origine vasculaire

Ces troubles constituent la deuxième forme la plus fréquente. Ils sont liés à des problèmes de circulation sanguine dans le cerveau, souvent à la suite d’AVC, qui peuvent être passés inaperçus. Ces troubles apparaissent généralement brusquement.

Les symptômes varient beaucoup selon les zones du cerveau touchées : difficultés d’attention, ralentissement de la pensée, problèmes d’organisation ou changements d’humeur. Un bon contrôle de la pression artérielle, du diabète et du cholestérol aide à prévenir ces troubles.

La maladie à corps de Lewy

Moins connue, la maladie à corps de Lewy se situe entre la maladie d’Alzheimer et la Maladie de Parkinson. Elle se caractérise par des troubles cognitifs fluctuants : une personne peut être très lucide un jour et désorientée le lendemain. Les hallucinations visuelles sont fréquentes. De plus, on observe des symptômes moteurs, comme une raideur ou une lenteur des mouvements.

La dégénérescence fronto-temporale

La dégénérescence fronto-temporale touche surtout les régions du cerveau liées au comportement et au langage. Elle peut survenir un peu plus tôt que les autres troubles, parfois avant 65 ans. Contrairement à ce qui se produit avec la maladie d’Alzheimer, la mémoire peut être préservée assez longtemps.

Les premiers signes sont souvent des changements de personnalité : désinhibition, apathie, comportements inhabituels ou difficultés à s’exprimer. Ces symptômes peuvent être très déroutants pour l’entourage, qui ne fait pas toujours le lien avec une maladie neurologique.

Le diagnostic

Seuls les neurologues peuvent poser un diagnostic précis en matière de troubles neurocognitifs. Il n’existe pas toujours de traitement curatif, mais plusieurs solutions existent pour améliorer la qualité de vie : suivi médical, stimulation cognitive, activité physique, routines rassurantes et surtout un accompagnement bienveillant.

Chaque personne vit la maladie à sa façon et, derrière le diagnostic, il y a avant tout un être humain avec son histoire, ses émotions et ses besoins.

Mieux comprendre les différents troubles neurocognitifs, c’est déjà faire un pas vers plus de compassion, de patience et de solidarité.

Et en terminant, j’aimerais vous rappeler trois choses importantes :

  1. La majorité des personnes vieillissent sans troubles neurocognitifs. L’avenir n’est pas sombre pour tout le monde!
  2. Quand nous constatons qu’une personne a des troubles de mémoire inquiétants ou d’autres problèmes cognitifs, cessons de dire qu’elle « est Alzheimer. » Il est possible que cette personne souffre de la Maladie d’Alzheimer, mais il peut s’agir d’une autre des affections énumérées ci-dessus. Seuls les neurologues peuvent poser un diagnostic précis.

On peut donc dire que la personne « a des troubles de mémoire » ou des « troubles cognitifs ». C’est plus respectueux que de dire qu’elle « est Alzheimer ».

  1. Ne réagissons pas de manière impatiente ou agressive lorsqu’un proche a des pertes de mémoire ou des comportements étranges. Ce n’est pas volontaire. C’est peut-être un trouble neurocognitif qui apparaît. Il est peut-être temps de consulter. Dans un tel cas, la patience et l’empathie sont les meilleures alliées des proches.

Sur ce, lectrices et lecteurs du Trait d’union, je vous souhaite un beau printemps. Et si vous faites partie des très nombreux proches aidants de la planète, rappelez-vous que de l’aide existe.

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